Plus de la moitié des adultes interrogés au pays dans le cadre d’une nouvelle étude commandée par La Fondation Allstate du Canada ont déclaré avoir subi une forme ou une autre de violence familiale. En parallèle, près du quart ont indiqué en avoir été témoins auprès d’une connaissance ou d’une personne de leur famille.
« Lorsqu’on pense à la violence familiale, la violence physique est souvent la première chose qui vient à l’esprit, explique Jessica Long, vice-présidente responsable des services juridiques à Allstate du Canada et vice-présidente de la Fondation Allstate du Canada. Mais la violence n’est pas toujours visible. »
Qu’est-ce que l’exploitation financière et pourquoi est-elle souvent sous-estimée?
Le sondage national a révélé que 52 % des répondants ont déjà subi au moins une des sept formes de violence examinées, soit la violence émotionnelle, verbale, psychologique, financière, facilitée par la technologie, physique et sexuelle, tandis que 23 % en avaient été témoins sans l’avoir subie directement.
Or, l’exploitation financière ne vient pas spontanément à l’esprit lorsqu’on pense à la violence familiale. Lorsqu’on leur a demandé de définir la violence familiale dans leurs propres mots, seuls 9 % des répondants ont mentionné l’exploitation financière, comparativement à 81 % qui ont cité la violence physique. Pourtant, l’exploitation financière est plus courante que beaucoup de gens ne le pensent. Selon le Centre canadien pour l’autonomisation des femmes, 96 % des personnes survivantes de violence familiale subissent de l’exploitation financière. Les résultats du sondage sont donc particulièrement révélateurs. Parmi les répondants ayant déclaré avoir subi de la violence, 56 % ont reconnu au moins un comportement d’exploitation financière lorsqu’on leur a présenté des exemples concrets.
Ce résultat a surpris Mme Long. « Cela démontre qu’il est possible d’élargir la discussion et de remettre en question les perceptions entourant la violence familiale », s’exprime-t-elle.
L’exploitation financière est courante, mais elle peut être difficile à comprendre ou à reconnaître. Si certaines formes sont plus évidentes, bon nombre sont sournoises et ne s’installent qu’au fil du temps. L’exploitation financière peut notamment consister à exclure une personne de l’accès à l’information financière, comme les renseignements sur les comptes bancaires, les factures, les placements ou les décisions financières importantes; à restreindre son accès à l’argent; à surveiller ou à contrôler ses dépenses; à nuire à ses possibilités d’emploi ou d’études; à contracter des dettes en son nom; à contrôler son accès à des ressources essentielles, comme le transport ou les services de garde; ou à manipuler des prestations, un héritage ou des biens communs.
« L’exploitation financière peut être particulièrement difficile à reconnaître, même si elle peut entraîner de profondes répercussions sur l’autonomie d’une personne, ses choix et sa capacité à se mettre en sécurité », explique Mme Long.
Bien qu’elle puisse toucher des personnes de tous les milieux, l’étude montre qu’elle affecte certaines tranches de la population de façon disproportionnée. Selon le gouvernement du Canada, les femmes qui subissent de la violence de la part de leur partenaire, les femmes autochtones, les femmes en situation de handicap, ainsi que les personnes issues de la communauté 2ELGBTQI+ subissent plus souvent de l’exploitation financière. Au Canada, l’exploitation financière est la forme de maltraitance la plus courante auprès des personnes âgées.
Cette forme de violence n’entraîne pas seulement des conséquences financières, comme une détérioration du dossier de crédit, un accès restreint aux comptes bancaires, le retrait d’argent sans permission, la remise forcée des chèques de paie et des répercussions sur l’emploi. Ses effets durables peuvent aussi comprendre des problèmes de santé physique liés au stress, notamment un affaiblissement du système immunitaire ainsi que des troubles cardiaques ou gastriques. Les effets sur la santé mentale peuvent comprendre la dépression, l’anxiété et le trouble de stress post-traumatique.
Comment les obstacles financiers compliquent la possibilité de se mettre en sécurité
Selon le sondage, la violence qui touche aux finances ne constitue pas seulement une importante forme de mauvais traitements; elle représente également le principal obstacle perçu à l’accès à la sécurité. Soixante-dix-huit pour cent des répondants ont indiqué que le fait de ne pas avoir assez d’argent pour subvenir à leurs propres besoins ou à ceux de leurs enfants rendrait extrêmement ou très difficile pour une personne qui subit de la violence familiale de se mettre en sécurité. Parmi les autres facteurs qui nuisent à la capacité de fuir la violence, on compte la crainte de subir davantage de violence, la difficulté à trouver un logement sûr et la peur de menaces envers les victimes, leurs proches ou leurs animaux de compagnie. D’autres obstacles perçus comprennent la honte, la crainte de ne pas être cru et le fait de ne pas savoir où obtenir de l’aide.
En ce qui concerne la recherche d’aide, environ un répondant sur cinq ayant subi de la violence a déclaré n’avoir demandé aucun soutien. Les organismes sans but lucratif ont été jugés les plus utiles pour soutenir les victimes, suivis des organismes de services sociaux. Lorsqu’on leur a demandé quelles organisations pourraient contribuer à mettre fin à la violence familiale, les répondants ont placé les services sociaux au premier rang, à 46 %, puis les organismes sans but lucratif, à 44 %, et le gouvernement, à 32 %.
Pourquoi la sensibilisation à l’exploitation financière est importante
La Fondation Allstate du Canada a notamment pour priorité de rompre le cycle de la violence familiale au Canada. Cette étude visait à mieux comprendre le degré de sensibilisation du grand public à la violence familiale et ses attitudes à cet égard, puis à tirer profit des conclusions pour orienter les efforts de sensibilisation, les partenariats et les mesures pouvant soutenir les personnes survivantes et réduire les obstacles à leur sécurité.
« C’est pourquoi des conversations comme celle-ci sont si importantes, affirme Mme Long. Plus nous parlons d’exploitation financière, diffusons les résultats de recherches et apprenons auprès des organismes qui aident les personnes survivantes chaque jour, mieux nous sommes outillés pour en reconnaître les signes et comprendre les difficultés auxquelles de nombreuses personnes survivantes sont confrontées. »
Le rapport recommande d’améliorer l’éducation sur l’exploitation financière, de réduire la stigmatisation et de rendre plus claires les voies d’accès à du soutien.
« Pour la Fondation Allstate du Canada, cette étude confirme l’importance d’aider les gens à mieux comprendre les différentes formes que peut prendre la violence et les obstacles auxquels les personnes survivantes peuvent être confrontées », explique Mme Long.
Apprenez-en davantage sur les programmes de la Fondation Allstate du Canada en matière de violence familiale et sur ses partenaires communautaires : https://www.allstate.ca/fr-ca/resources/in-our-community/allstate-disrupting-the-cycle-of-domestic-abuse.
Il existe du soutien
Si vous-même ou l’une de vos connaissances êtes victime de maltraitance, la Fondation canadienne des femmes offre du soutien : https://canadianwomen.org/fr/vous-cherchez-un-soutien/.
À propos de cette étude
Le sondage en ligne a été mené du 16 mars au 1er avril 2026 auprès de 2 510 Canadiennes et Canadiens âgés de 18 ans et plus. Les questionnaires étaient offerts en anglais et en français.
Avis de non-responsabilité : Cet article est fourni à titre informatif et éducatif seulement et ne doit pas être considéré comme un avis juridique, financier ou professionnel. Si vous ou une personne que vous connaissez subissez de la violence familiale, vous pouvez obtenir du soutien par l’entremise d’organismes locaux et nationaux. En cas d’urgence, communiquez avec les services d’urgence locaux.

![[object Object]](/-/media/project/allstate/allstateca/blogs/gettyimages-2208061535.jpg?h=1414&iar=0&w=2121&hash=87DD0F9FE7A5B31A860256DFEDE79931)

.jpg?h=1414&iar=0&w=2121&hash=EC6081E96427502E8148D85053411384)





